Ma réserve de patience

19 novembre 2013

C’est un grand lac, le rĂ©servoir d’une centrale hydroĂ©lectrique, la mienne. Ma rĂ©serve de patience se vide un peu quand je dois rĂ©pĂ©ter 2 ou 3 fois…Quand je dois rĂ©pĂ©ter 6 fois, elle descend comme si douze Ă©lĂ©phants l’aspiraient de leurs trompes. Ma rĂ©serve se remplit quand je dors des nuits complètes, quand je prends ma douche sans hurlements autour, quand je lis une BD ou quand je prends 15 minutes pour me connecter Ă  moi-mĂŞme. Il y a des jours oĂą j’ai la rĂ©serve de patience remplie de faisselles bien tassĂ©es : rien n’affecte son niveau, « pas la peine d’en faire un fromage! ». Il y a des jours oĂą la rĂ©serve est toute trouĂ©e comme le panier de la faisselle, je vire (fromage de) chèvre ! J’aimerais tant garder cette rĂ©serve de patience toujours pleine, mieux vous dire quand je sens que le niveau descend. Mais comment faire? Installer un capteur de niveau? Un voyant lumineux? Boire beaucoup d’eau? Manger plus de faisselles? Je veux bien me pasteuriser, me psychanalyser, me fondre, m’allĂ©ger, mais reste qu’Ă  la base… je suis soupe au lait. … Et si je mangeais des enzymes?

Kidnapper le quotidien

19 septembre 2013

Le quotidien me bouffe. Par chance, j’ai l’impression de voler des petits bouts d’éternitĂ© quand je vous kidnappe pour faire des roulades dans le lit et vous faire des prouts dans le cou. Je prends des photos dans ma tĂŞte, je me dis que ces instantanĂ©s sont immortels. La douceur de votre peau, la rondeur de vos yeux, la puretĂ© de votre regard, le son de ce rire de dauphin… Ces petites croquĂ©es d’enfance, je les garde  jalousement en mĂ©moire dans mon cĹ“ur. Sinon, le quotidien me bouffe. Les 28 mails auxquels rĂ©pondre, l’animation Ă  prĂ©parer, les rĂ©unions, la rĂ©daction, les rĂ©pĂ©titions… J’aime mon travail, mais je ne sais plus oĂą donner de la tĂŞte. J’ai besoin d’arrĂŞter le temps, de regarder ce qui pousse en vous. Vous, encore petites. Je veux faire faux bond Ă  la routine parce que demain… vous serez dĂ©jĂ  grandes.

Ma princesse déchue

20 août 2013

Je n’avais pas compris que c’était si dur pour toi. Avant, nous n’avions d’yeux que pour toi…Après son arrivĂ©e, il fallait tout partager. Au dĂ©but, ça allait, elle dormait. Puis, elle s’est rĂ©veillĂ©e : mignonne, gazouillante, gracieuse…pour toi, insupportable. Elle te volait le rĂ´le de la petite, tu Ă©tais confinĂ©e Ă  devenir la grande : la sage, la patiente, la comprĂ©hensive. Dur, dur. Une chance qu’il y avait papa, sans seins, plus disponible, plus indulgent. Je regarde certaines vidĂ©os de ces moments et j’ai mal pour toi, toi en quĂŞte constante d’attention. Derrière ton regard attendri, tu hurles : « ET MOI?? » Le bĂ©bĂ© a grandi et aujourd’hui, je te demande pardon. Pardon, pour les attentes que j’ai eues, tu es encore si petite. Profitons-en! J’aime nos roulades, j’aime t’écouter, j’aime nos Ă©changes, ton univers, tes dĂ©couvertes… Ma belle, ma douce, ma sensible, nous ne faisions qu’un, l’amour aurait pu nous Ă©touffer. Nous sommes maintenant quatre, nous arriverons Ă  le partager. 

Ahhhhhhh!

1 juin 2013

Mes amours… J’ai l’impression de sortir la tête de l’eau. De respirer un grand coup. Je prends de la distance face au guidon, je pédale maintenant de façon ergonomique. Que. C’est. Bon. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé vous allaiter jour et nuit, vous porter en cuisinant ou vous rassurer à 3h du mat, 4h15 et à 5h10…Non. Je dis simplement que j’aime vous voir jouer en autonomie sur une durée assez longue pour me permettre de m’épiler les jambes. J’aime parler avec votre père 15 minutes tranquilles après le repas. J’aime lire des livres de plus de 8 pages. J’aime pouvoir porter des boucles d’oreilles sans me les faire arracher. J’aime avoir le temps de penser mettre des boucles d’oreilles. J’aime me réveiller le matin presque fraîche comme une rose sans que les premiers mots que j’entende soient « di pain, zé faim… DI PAIN!». J’aime avoir de l’espace mental pour initier de nouveaux projets de création autres qu’un collier en pâtes. J’aime me réaliser en étant votre maman, j’aime aussi réaliser que je peux me réaliser en étant moi… tout en étant votre maman.

Éducation sans fil

9 avril 2013

Gare à vous je fais le ménage, je fais de la place. Oui! de la place à mon instinct. À ma compétence parentale! C’est bon, j’ai lu des livres, j’ai écouté le pédiatre, je suis allée en formation, en thérapie, seule et en couple, j’ai écouté ma mère, mes copines, leurs mères, la voisine, la bibliothécaire et la mère de la voisine de la bibliothécaire. Maintenant, je me débranche de l’ordi et je me branche Wi-Fi sur mon intuition éducative. À bas vos sourcils qui se lèvent! J’emmerde vos jugements. Je veux être mon propre hotspot. Entre « Vous ne l’allaitez pas!?? »,  « Vous l’allaitez!! » et « Vous l’allaitez encore?!? ». Entre « Ouais, on voit qui est-ce qui mène! », « Moi je ne crie jamais après mes enfants… » et « Les miens, ils savent se tenir! »
Pour qui vous prenez-vous, bon sang, pour faire de pareils commentaires? Vos parents ne vous ont-ils pas éduqué?

La promesse de vous amener partout

10 février 2013

Tu as 5 mois, nous partons manger chez les voisins et j’ai l’impression de partir en camping tant il y a des sacs. À 8 mois, tu détestes la voiture, tu hurles; Bruxelles, Montréal ou Monthey n’y changent rien. Tu baves et escalades le siège dans le train au grand dam du voisin, les joies de la carte Enfant Famille! Ça y est, tu cours partout avec ta sœur, vous chevauchez la poignée allongée de ma valise comme un cheval. « Huuu! Maman! » Comme si pas de roulettes! Nous choisissons de transformer une proposition de voyage d’affaire en voyage d’affaire en famille qui se transforme en voyage pas une mince affaire en famille. À 6 ans, tu peux nommer plusieurs pays que tu as visités, moi je peux nommer plusieurs pays où j’ai peu dormi. Mais… il y a des sourires sur toutes les photos et j’ai envie de dire comme ta sœur de 2 ans « encore si te piaît! »

4 générations dans un salon

8 janvier 2013

À la maison de retraite, au bout du corridor, chambre 217, ça papote, ça rigole, ça se bécote. Elles ont 91, 64, 33, 6 et 2 ans, toutes du même sang. Nos utérus comme des poupées russes. L’une est inquiète de ses étourdissements, l’autre chante les Barbapapas en crayonnant, l’une se berce à contretemps du tictac, l’autre se ronge les ongles calmement et la dernière fouille dans les armoires à la recherche de la réserve de chocolat mal gardée. Tu te souviens de la tante Béatrice? Elle t’avait fait peur en te disant qu’elle te trouvait tellement belle qu’elle voulait te manger! Tu lui avais répondu : pas tout de suite, il faut que j’aille voir ma mère avant! Ça sent les souvenirs, le vieux meuble en bois, les paparmanes, le petit savon, ça sent grand-maman. Respirez un grand coup les filles, ça sent le bonheur!  Ça passe si vite le temps.

Ma politique intérieure

15 octobre 2012

Hier j’ai dĂ©couvert un nouveau parti. DorĂ©navant, je suis militante Ă  la CNV (la Communication NonViolente). J’aime bien leur slogan : « RĂ©vĂ©ler la musique des hommes! » Ou encore « Un art de vivre avec soi et les autres! » Avoir sa carte de parti, ça implique une rĂ©forme intĂ©rieure : une refonte de la parole, un remaniement ministĂ©riel des Ă©motions et une gĂ©olocalisation des besoins. La CNV propose une ouverture de droit au senti et un rĂ©gime universel de bienveillance. Ça implique aussi des coupures : dans le secteur des interprĂ©tations et des jugements. Par contre, la CNV propose un vaste projet d’exportation de nos ressources naturelles : l’écoute du vivant et l’empathie. Mais il faut s’attendre Ă  augmenter les impĂ´ts… du cĹ“ur. Je choisis le parti CNV parce qu’il propose une gestion rĂ©ellement diffĂ©rente de la crise… existentielle.

Suspense blogue suspendu!

18 août 2008

 

Cosmétique maison

12 juin 2008

Voici une recette d’exfoliant pour la peau très simple:

1 c Ă  soupe d’huile d’olive
1 c Ă  soupe de miel
1 c Ă  soupe de sucre

On peut aussi faire une autre version avec du savon noir et de la poudre d’amandes.


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