'Journalisme'

L’essor du travailleur

mercredi 27 février 2008

Aye! Les Willings? C’est bon votre nouvel album! Ça sonne! Vous ĂŞtes combien de musiciens? Six! Ça paraĂ®t, c’est riche! Je pense qu’y a un momentum Ă  saisir, allez-vous sortir un autre disque bientĂ´t? Quoi!? Vous ĂŞtes en stand by parce que la bassiste attend un bĂ©bĂ©… Hum… Si tu veux mon avis, vous avez pas besoin d’elle… C’est pas ben spectaculaire de la basse en show, tu peux prendre des bandes, le monde remarquera rien.

Ça marche hein? Je te l’avais dit! La musicienne est déçue? Ben lĂ ! C’était Ă  elle de pas faire un petit… De toutes façons, compte pas sur elle pour jouer avant les deux, trois prochaines annĂ©es, avant qu’à trouve une place en garderie… Ă€ va s’en remettre, sont toutes de mĂŞme les femmes enceintes!

C’est beau ta voix! Tu joues pas de la guitare? Ça ferait un musicien de moins Ă  payer… Le violoniste en joue un peu! Ben go! C’est toujours ben juste des caisses avec des cordes! Ben non! Y’aura jamais Ă  jouer des deux instruments en mĂŞme temps! Voyons! Tu sais pas quoi dire au guitariste? Parles-y de transposition ou de restructuration… Qui fasse comme les gars de Chandler, de Shawinigan, de Chicoutimi ou de Donnacona… Toutes façons, y’est habituĂ© de gratter… Ben qui gratte les cennes!

Je vais vous produire ça, moi, votre nouveau disque! Faut changer de nom par exemple, ça fait fif Les Willings… Quesse-tu penses de Les Wor-kool-ics? C’est bon hein? Je voulais te dire, la joueuse de banjo puis la trompettiste, oublie ça! La paritĂ© hommes-femmes c’est cute dans un conseil des ministres minoritaire, mais dans vraie vie c’est pas de mĂŞme!

Puis, combien de tounes t’as Ă©crites depuis hier? Comment ça t’as juste eu le temps de remplir les papiers de la SODRAC, du CALQ puis de la SOCAN?! J’espère que ça t’a inspirĂ© au moins! Wein, j’ai regardĂ© ça pour changer le kit du drummer comme tu m’as demandĂ©. J’ai trouvĂ©. La tante de ma mère en vend… Connais-tu ça la marque Tupperware-music?

Vendredi soir, je t’ai laissĂ© un message Ă  maison, deux messages sur ton cell puis trois courriels!! Comment ça que tu m’as pas rĂ©pondu on est rendu lundi matin?! Ta blonde t’a quittĂ© parce que tu travailles trop… Ben sacre la lĂ !

Le guitariste-violoniste file pas! Ça doit ĂŞtre un burn out, c’est Ă  mode! Dis-y qui prenne des psychotropes, tout le monde prend ça! C’est le mĂ©dicament le plus prescrit! C’est un genre d’equilizer mais Ă©motif… Ya rien lĂ ! Ça enlève les peaks pour pas que tu bostes dans ta boĂ®te…

Y’est revenu ton violoneux! Je trouvais ça over comme réaction aussi! C’est normal d’y demander de jouer du violon puis de la guitare en même temps. D’ailleurs, j’ai eu une idée, vous devriez avoir du banjo dans votre groupe! Ça serait spectaculaire s’il jouait en même temps de la guitare électrique, du violon électrique puis du banjo électrique dans l’eau! Oh oui! J’ai congédié le batteur qui jouait du Tupperware, y’avait tout le temps les pieds dins plats.

J’ai vu votre dernier show, je suis déçu… Ça sonne pas comme au dĂ©but… Je sais pas, on dirait que tu as perdu quelque chose… Oh oui! C’est dommage que le banjo-guitare-violoniste soit mort Ă©lectrocutĂ©… Fallait l’essayer pour le savoir hein? T’as ben fait de finir le show pareil! … Mais t’avais l’air tu seul avec ta tambourine… Comment ça que c’est fini!?! Tu me lâches!? Moi qui a investi dans toi, temps et argent! Vous ĂŞtes ben tous pareils! Les employĂ©s de mes magasins, de mes journaux, de mes postes de tĂ©lĂ©, de mes maisons d’édition puis de mes systèmes de câblodistribution disent tous la mĂŞme chose!

Échographie d’une classe à part

mardi 5 février 2008

«Près de 800 parents-étudiants ont répondu au sondage. On est vraiment contents! On s’était dit que si on avait plus de 500 répondants, on s’achèterait une bouteille de champagne! Malheureusement, notre regroupement n’a pas les fonds nécessaires pour acheter la bouteille», laisse tomber l’assistante de recherche pour le groupe de travail sur la conciliation famille-études Geneviève Guernier.

Alors que très peu d’information existe sur la réalité des parents-étudiants, ce groupe de travail a distribué et analysé un sondage pour mieux connaître la réalité socio-économique de ceux de l’UQAM. Son ultime but est d’établir une politique familiale.

Constat intéressant, environ un uqamien sur six a un enfant à sa charge et deux parents-étudiants sur trois sont des femmes. Une majorité d’entre eux a plus de 30 ans et une très grande proportion a un ou deux enfants de moins de 11 ans. Les parents les plus jeunes s’en tirent apparemment plus difficilement et les hommes semblent mieux vivre la conciliation études-famille que les femmes.

Besoins, besoins, besoins !
Geneviève Guernier explique que les besoins peuvent être très différents d’un parent-étudiant à l’autre. «La réalité d’une mère étudiante de 40 ans qui retourne aux études faire un doctorat alors que son mari gagne un salaire de 120 000$ est loin de celle d’une mère monoparentale de 21 ans dont le réseau social n’est pas très développé.»
Jean-Bernard GariĂ©py, 27 ans, termine son diplĂ´me d’Ă©tudes supĂ©rieures spĂ©cialisĂ©es en gĂ©omatique. Sa conjointe a choisi de rester Ă  la maison pour passer du temps avec leurs deux filles. Les parents de Jean-Bernard ont emmĂ©nagĂ© juste Ă  cĂ´tĂ© de chez lui pour aider la petite famille. «Pour nous, ça se passe super bien, mais je ne me verrais pas sans ma blonde ou sans l’aide de mes parents.»

Une plus grande aide financière aux études est l’un des principaux besoins des parents-étudiants, révèle la première partie de l’analyse du sondage. L’aide monétaire actuelle couvre à peine les frais d’appartement de Sandra Lecourtois. Elle évoque une injustice dans la méthode de calcul de l’aide financière. «Dès que tu as un enfant, l’aide financière considère le revenu du conjoint pour établir le montant auquel tu as droit. Mais quand tu es conjoint de fait sans enfant, il ne le considère pas!»

Un plus grand nombre de places en garderie et la mise sur pied d’une halte-garderie adaptée selon l’horaire des cours est également un besoin primordial. Ce dernier service offrirait des blocs de gardiennage permettant de déposer les enfants quelques heures, sans qu’ils ne soient obligés de fréquenter la garderie à temps plein.

Quand on se compare, on se désole
Ailleurs au QuĂ©bec, la situation est diffĂ©rente. En plus de disposer d’un service de garderie, l’UniversitĂ© de Sherbrooke demande aux facultĂ©s de tenir compte de la situation des parents-Ă©tudiants et de faire preuve d’ouverture et de flexibilitĂ©. Le règlement des Ă©tudes de l’institution prĂ©cise que toute personne peut obtenir un congĂ© parental d’une durĂ©e de 24 mois. Cette pĂ©riode d’interruption n’est pas prise en compte dans le calcul de la durĂ©e des Ă©tudes.
À l’Université du Québec à Chicoutimi, un suivi téléphonique est offert aux étudiantes en congé de maternité et l’établissement dispose d’une salle d’allaitement. Le service de pastorale a créé un réseau de parents-étudiants multiconfessionnel à l’Université McGill. Ce groupe possède un petit budget de fonctionnement et reçoit l’aide d’un stagiaire en travail social.

L’institution qui répond le mieux aux besoins des parents-étudiants québécois est l’Université de Montréal (UdeM). En plus des places en Centre de la petite enfance et en halte-garderie, strictement réservées aux rejetons des parents-étudiants, le Service d’action humanitaire et communautaire offre un service d’écoute, ainsi que des bons d’achats de nourriture et de matériel scolaire. Un suivi de grossesse est dispensé et une banque alimentaire est également accessible grâce à un partenariat avec l’organisme Jeunesse au Soleil.

Mesure unique au Canada, le rectorat et la Faculté des études supérieures offrent aux doctorantes de l’UdeM neuf bourses pour congé de maternité d’un montant de 4 000$ pour un trimestre. Une hausse de diplômées au doctorat a été constatée depuis l’instauration de ces bourses. «On perdait de bonnes candidates par manque de sous, se rappelle la coordonnatrice du Comité permanent sur le statut de la femme, Andrée Labrie. On a voulu réagir à cette situation». Par ailleurs, elle constate que la moyenne d’âge des mères-étudiantes diminue et aimerait que ces bourses soient également disponibles pour les étudiantes à la maîtrise.

Le coeur du rassemblement des parents-étudiants à l’UdeM est l’association Cygogne, qui accueille des parents de toutes les universités montréalaises. D’ailleurs, une quinzaine d’étudiants de l’UQAM et leurs enfants participent à ses activités. Les services de l’association incluent une aide financière d’urgence, un lieu d’écoute et de référence, un guide de ressources pratiques ainsi qu’un réseau de gardiennage et d’aide bénévole à domicile. Sur place se trouvent une salle d’allaitement, une aire de jeux avec ordinateurs pour les étudiants, une cuisine collective, un service d’échange de vêtements et un groupe de discussion pour les papas. En 2005, plus de 1 500 étudiants et leurs enfants ont bénéficié de ces services.

Pour en apprendre plus sur les parents-étudiants de l’UQAM et connaître les résultats de l’analyse de la deuxième partie du sondage, il faudra patienter encore. Bien que l’enquête ait été complétée il y a un bon moment, le financement se fait toujours attendre pour la suite des choses. L’analyse devrait être complétée cet été. Décidément, la patience est toujours de mise pour les parents-étudiants.

Occupation double

mardi 5 février 2008

Carolina Contreras, 22 ans, tient dans une main la lettre d’acceptation en journalisme qu’elle vient de recevoir de l’UQAM et de l’autre, son test de grossesse positif. Dilemme. C’était en 2004. Carolina a opté pour le défi de la conciliation famille-études. Son fils a maintenant deux ans et demi. La mère suivait quatre cours la session dernière, mais, de nouveau enceinte, elle a suspendu ses études le temps de la session d’hiver, question d’accoucher. Elle prévoit terminer son baccalauréat en décembre prochain. Carolina s’occupe à «temps plein» de son fils dont le nom figure depuis plus de deux ans sur la liste d’attente du Centre de la petite enfance (CPE) Mamuse de l’UQAM.

«On est vraiment en retard par rapport à l’Université de Montréal (UdeM)! déplore l’uqamienne. Installer des tables à langer, ce n’est pas la fin du monde, il me semble! On n’a même pas de salle adaptée pour l’allaitement!» Carolina fait partie des 17% de parents-étudiants de l’Université qui doivent concilier l’éducation de leurs enfants et la leur. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils vivent une réalité différente des étudiants réguliers. À l’UQAM, aucune aide particulière ne leur est offerte.

Trois garderies desservent la communauté de l’Université, mais les besoins de gardiennage des étudiants sont traités sur un pied d’égalité avec ceux des professeurs, des chargés de cours et des employés de l’institution. Mère et étudiante à la maîtrise en science politique, Sandra Lecourtois ne comprend pas pourquoi les étudiants n’ont pas priorité sur les autres membres de la communauté. «Le personnel de l’UQAM dispose d’un revenu plus élevé que les étudiants. C’est plus facile pour eux de payer une place en garderie privée.»

Le nombre de places en service de garde sur le campus ne peut répondre à la demande croissante. Le directeur du CPE de l’UQAM, Laurent Forget, n’appelle jamais plus de la moitié des noms sur la liste d’attente. Selon lui, la situation s’était stabilisée en 2005, mais avec le babyboom des deux dernières années, 2008 s’annonce «complètement folle».

Des parents-étudiants nombreux, mais isolés
Des associations d’étudiants d’origines antillaise, turque, portugaise et une association d’étudiants handicapés existent à l’UQAM, mais il n’y a aucun regroupement pour les parents-étudiants. Ce groupe d’intérêt a en commun les enfants, mais également le manque de temps. Rassembler sur une base régulière des gens qui combinent études, enfants et, souvent, travail est un tour de force. Les parents-étudiants interrogés par Montréal Campus disent tous qu’ils ont développé une gestion rigoureuse du temps. Leur horaire chargé laisse peu de place à l’étude, à l’implication sur le campus, aux réunions d’équipes et aux partys de cohorte. Difficile de créer des liens dans ce contexte.

Carolina Contreras a mis une croix sur son rêve de faire carrière en journalisme, parce qu’il lui aurait fallu s’impliquer en dehors des heures de cours pour monter son portfolio. «Quand les cours se terminent, je n’ai qu’une seule envie: retrouver mon conjoint et mon fils!» s’exclame la jeune maman. Après son premier accouchement, elle raconte avoir ralenti le rythme scolaire pour pouvoir allaiter son garçon jusqu’à l’âge de dix mois.

Mathieu Charlebois, 26 ans, n’aime pas vraiment le baccalauréat qu’il a entrepris, mais compte le terminer puisque le jeune papa a le sentiment qu’il ne peut plus se tromper dans son cheminement universitaire.
Sandra Lecourtois parle quant à elle d’un défi intellectuel. «Souvent j’écris, je suis sur un bon filon puis il est l’heure d’aller chercher ma fille à la garderie. Je ne peux alors retravailler là-dessus avant qu’elle ne dorme. Je dois toujours commencer mes travaux un mois avant la remise parce que je ne peux jamais me concentrer uniquement sur mes études. Remettre un travail à une date prédéterminée est difficile pour les parents-étudiants.» Bien que la majorité des professeurs se montrent compréhensifs, c’est le même «son de couche» pour tous les parents: une politique familiale aiderait à mieux concilier les études et la famille.

Un projet mort-né
Pour l’animateur aux Services à la vie étudiante Marc Longchamps, la communauté uqamienne a une obligation civile et morale envers les parents-étudiants. En 2002, Claudine Harvey, une maman-étudiante, lui a proposé le projet d’une halte-garderie, centre de ressources et de rencontres. Elle s’est grandement investie dans la création du Regroupement des étudiants-parents universitaires (REPU). La demande de pré-agrément pour que ce groupe devienne officiellement reconnu par l’UQAM n’a jamais été adressée formellement. Des démarches ont cependant été entreprises pour trouver des locaux disponibles à proximité de l’Université.

Claudine Harvey, monoparentale, Ă©tait seule Ă  monter ce projet bĂ©nĂ©volement et n’a pu le mener Ă  terme, Ă©tant donnĂ© l’investissement de temps requis. Ă€ titre de comparaison, trois salariĂ©s s’occupent de la gestion du regroupement des parents-Ă©tudiants Cygogne Ă  l’UdeM. «Claudine n’a pas Ă©tĂ© bien appuyĂ©e dans ses dĂ©marches et Ă  la fin, elle Ă©tait au bord du burn out, dit Marc Longchamps. Avouons-le, la mise sur pied d’une halte-garderie, ce n’est pas très sexy comme sujet! Les autres Ă©tudiants se disent: « oui mais moi, j’en n’ai pas d’enfant! Ce n’est pas mon problème! »Â» L’idĂ©e de crĂ©er le REPU est nĂ©e en mĂŞme temps que CHOQ FM, Capteurs de rĂŞves et le Centre d’entrepreneurship Ă©tudiant. La mise sur pied de la halte-garderie n’a pas eu lieu parce que ces autres projets ont eu prioritĂ©. «Les associations Ă©tudiantes ont reçu la proposition avec une politesse embarrassante», soutient Marc Longchamps.

Selon lui, l’avortement de l’initiative n’est pas lié à des considérations pécuniaires ou à un manque de locaux. «Depuis que je travaille à l’UQAM, j’entends parler de coupures, mais des projets naissent quand même. Les associations étudiantes prélèvent un million de dollars en cotisations étudiantes chaque année. Je ne dis pas que la solution est simple, mais elle n’est pas si compliquée. L’obligation de l’UQAM est de former des universitaires, mais de façon plus large, c’est aussi de prendre soin des uns et des autres.»

Tout est cancer!

lundi 10 décembre 2007

Vous souvenez vous du temps où ça fumait à l’école? Où ça fumait partout? C’était «in» de faire comme James Dean. La mode cigarette, le chic. La cigarette pour le look, pour le fun. Les enfants qui fument, hihi! C’est «cute»! La fumée secondaire dans le sens de «c’est secondaire, on s’en fout!»

La cigarette innocente est devenue aujourd’hui la cigarette coupable, la cancĂ©reuse. Maintenant on sait, c’est un choix. Certains vous diront : «Faut bien mourir de quelque chose!» preuve qu’ils savent que c’est mortel! Ça a quand mĂŞme pris plusieurs annĂ©es avant que la santĂ© publique ne se rĂ©veille, qu’on se rĂ©veille. Chaque jour dans le monde, 11 000 personnes meurent d’une maladie liĂ©e au tabagisme. D’après l’Organisation mondiale de la santĂ©, le tabac a provoquĂ© au cours du 20e siècle, plus de 100 millions de dĂ©cès, soit plus que les deux guerres et les dĂ©portations. Les compagnies de tabacs ont eu le temps de nous pomper l’argent et la santĂ©. Est-ce de lĂ  que vient l’expression faire un tabac? On connaĂ®t les malformations du foetus, les problèmes pulmonaires, les accidents cardiaques, les attaques cĂ©rĂ©brales et les cancers.

La cigarette, sa fumĂ©e mĂŞme secondaire, on peut la sentir, la voir, elle est identifiable. Et si le mal du prochain siècle Ă©tait invisible, intouchable, inodore, silencieux et mal connu… Si, encore une fois, d’autres grandes compagnies faisaient de l’argent sur le dos de notre santĂ©. L’Ă©lectropollution, vous connaissez ? Non ! Avez-vous de la difficultĂ© Ă  vous endormir après avoir travaillĂ© Ă  l’ordinateur le soir? Des maux de tĂŞte, des inconforts après avoir parlĂ© au cellulaire ? Et si l’exposition aux radiations de micro-ondes affectait le corps humain, si la technologie sans fil nous rendait malades… Personnellement, j’ai de la difficultĂ© Ă  m’endormir après avoir travaillĂ© Ă  l’ordinateur et j’ai des spasmes dans les jambes… Est-ce parce que je suis dĂ©pendante affective des courriels et que je parle au tĂ©lĂ©phone sans fil ? AĂŻe ! Vais-je mourir de trop communiquer? Mourir d’une tumeur d’innocence ? J’ai appris que le tĂ©lĂ©phone sans fil domestique utilise, comme le cellulaire, des micro-ondes, mais l’intensitĂ© du signal serait jusqu’Ă  130 000 fois plus faible que pour un appareil cellulaire. Ouf! Mais bien des gens se disent accros Ă  leur tĂ©lĂ©phone cellulaire-appareil photos-lecteur MP3-agenda Ă©lectronique-boĂ®te de messagerie-vibromasseur-Ă  20 000 sonneries. Selon l’Association canadienne des tĂ©lĂ©communications sans fil, l’an passĂ©, notre plus beau pays, comptait plus de 18,4 millions d’utilisateurs de tĂ©lĂ©phones cellulaires. Tous des cancĂ©reux potentiels ? Deviendrons-nous une sociĂ©tĂ© lobotomisĂ©e qui a sa photo sur facebook.com pour citer un ami ?

À quand les cellulaires bannis des écoles ? Des restaurants et des bars sans-cellulaires ? Des interdictions de cellulaires à moins de 9 mètres de la porte d’entrée ? Des photos de tumeurs au cerveau sur les appareils ? Maintenant, je me méfie de ce que je ne vois pas, j’ai pensé communiquer dorénavant par signaux de fumée mais… il faudrait que je fume… Pas plus avancée…

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Voyez-vous JĂ©sus avec un cell ?
-Oui, p’pa chus dans marde là… Toi t’es charpentier… Y viennent de m’clouer sur une croix… J’ai-tu une chance que le 2X4 y lâche ?

Jacques Cartier et son téléphone portable…
-Ouin, je viens d’arriver en Inde là Frank… Je te ramène tu quetchose ?

Lotto Québec section garderie

lundi 3 décembre 2007

Les enfants québécois qui se rendent à la garderie chaque matin ne devraient pas pleurer, ils font partie des chanceux, de ceux qui ont «gagné» une place en garderie dans le grand tirage au sort. Il manque 20 000 places dans le système actuel. Trois «choix» s’offrent (et plus souvent ne s’offrent pas) aux parents : les centres de la petite enfance (CPE), où il faut inscrire son enfant plusieurs années avant sa conception, le milieu familial subventionné (ces deux options sont de 7$ par jour) ou encore les garderies en milieu familial privées, cette option coûte en moyenne 25$ par jour.

Sur son site internet, le gouvernement du Québec reconnaît aux enfants «le droit de recevoir des services de garde de qualité», et aux parents , «le droit de choisir les services de garde qui correspondent le mieux à leurs besoins.» Les parents n’ont pas de choix réels présentement, surtout ceux qui habitent dans la grande région montréalaise. Le gros bout du bâton appartient aux garderies.

Il y a 450 000 enfants de six ans ou moins au Québec, il y a 200 000 places en garderie subventionnée. Le manque de place en garderies à 7$ a favorisé l’émergence de places en garderies privées. Or, personne ne supervise ces garderies, aucune formation ou équipement, ne sont requis pour démarrer à son compte. Au niveau de l’alimentation, même latitude. Les garderies sont ouvertes en moyenne 8h par jour. Un DVD de Caillou dure 80 minutes. Il est théoriquement possible que votre trésor écoute 6 fois par jour l’enfant chauve faire des caprices, en mangeant de la saucisse. Bien que la majorité des garderies privées fassent signer un contrat d’engagement, les enfants qui dérangent trop le groupe sont parfois simplement mis à la porte de la garderie, tout simplement. Pourquoi faire des efforts d’intégration? Il y a une file de parents qui attendent sur la galerie et qui sont prêts à signer un chèque. Dans plusieurs cas, en garderie privée, il est demandé aux parents de payer les frais de garde pendant les vacances de la gardienne et si les vacances familiales ne tombent pas en même temps que celles-ci, des frais de garde sont encore exigés aux parents. Pourquoi les parents qui doivent envoyer leurs enfants en garderie privée devraient-ils payer plus puisque cette situation n’est pas un choix, mais une obligation dans la majorité des cas?

Le manque de places est généralisé, mais encore plus criant pour les enfants de moins de 18 mois. Que doit faire une famille qui a épuisé son congé parental au terme des 50 semaines? Attacher l’enfant sur son dos pour retourner au travail ou quitter son emploi? Les problèmes sont multiples, trouver une place après la rentrée de septembre a de quoi faire pousser les cheveux à Caillou pour pouvoir mieux se les arracher. De plus, la gestion des listes d’attente est un vrai fouillis que chaque réseau gère à sa guise et où les rumeurs de passe-droits se concrétisent trop souvent. La garderie est devenu un grand tirage au sort où les parents impuissants ne peuvent qu’espérer gagner le gros lot, c’est-à-dire pouvoir retourner au travail. Wow!
Une place en garderie ça change pas le monde sauf que…
Il n’y en a pas!

OĂą se retrouve l’argent fonds Ă©thiques?

lundi 9 avril 2007

Desjardins propose depuis 2000 un fonds de placements nommé Éthique Équilibré canadien. Ce fonds, vendu comme étant «conforme aux principes d’ordre moral», investit entre autres dans des compagnies comme Wal-Mart, Coca-Cola, Barrick Gold et Suncor Energy.

Desjardins offre également un fonds éthique appelé Fonds Desjardins Environnement. «Ce fonds n’a pas la prétention d’être composé uniquement d’entreprises dites environnementales» affirme Hélène Gagné, directrice de la commercialisation des fonds chez Desjardins dans un colloque sur le développement durable. De fait, selon les états financiers du Fonds Desjardins Environnement, une grande partie des investissements se retrouve dans les secteurs du pétrole et du gaz naturel.

C’est un système de filtrage positif et négatif qui détermine les entreprises dans lesquelles les fonds éthiques investissent. Les compagnies provenant des secteurs du tabac, de l’armée et du nucléaire sont systématiquement exclues, alors que les compagnies qui visent à cultiver des relations progressistes avec les parties intéressées, qui respectent les droits de la personne et qui sont chefs de file dans le domaine des pratiques respectueuses de l’environnement sont favorisées. Le Fonds Environnement est géré par Desjardins, alors que le Fonds Éthique Équilibré canadien est géré par Ethical Funds, une compagnie de Vancouver qui appartient, en partie, au mouvement des coopératives de crédit (Credit Union). Les deux fonds sont gérés différemment, Ethical Funds a trois employés à temps plein qui font des pressions sur les compagnies dans lesquelles ils investissent pour qu’elles respectent et améliorent leur responsabilité sociale. Les interventions des employés avec ces entreprises combinées avec l’utilisation du pouvoir de vote des actionnaires sont parmi les principes fondamentaux de l’investissement responsable selon François Rebello, président-directeur général de Groupe Investissement Responsable (GIR), un regroupement qui fait la promotion de cette manière d’investir. «C’est comme ça qu’on va faire avancer les choses!», s’exclame-t-il. Dans le cas du Fonds Environnement de Desjardins, c’est un comité consultatif formé de spécialistes dans le domaine qui analyse la gestion environnementale des compagnies et qui en fait la recommandation pour une période de 36 mois.

Selon François Meloche, analyste chez GIR, une compagnie comme Wal-Mart, qui fait des efforts au point de vue environnemental, bien qu’elle soit controversée sur le plan éthique, peut passer à travers les maillons du système de filtrage et se retrouver dans un fonds dit éthique. M. Meloche pense que la question du rendement n’est pas à négliger dans un cas comme Wal-Mart. «La première préoccupation [des fonds éthiques] reste le rendement. Si on veut rester en affaires, on n’a pas le choix. L’idée, c’est de trouver un mariage entre l’éthique et le rendement. Les critères sont là pour les cas extrêmes», affirme-t-il. Parmi ces cas extrêmes, il cite la compagnie pétrolière Impériale, qui, il y a quelques années, avait un rendement très intéressant, mais qui a été rejetée par le filtrage à cause du non-respect évident des principes d’éthique. Hélène Gagné reconnaît que les fonds éthiques ne répondent pas nécessairement aux exigences des plus militants. «La notion d’éthique n’est pas la même d’une personne à l’autre», se défend-elle.

Pour Martin Petit, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socio-économiques (IRIS), il y a une grande démarcation entre le discours de Desjardins sur les fonds éthiques et la réalité du placement. Selon lui, le fait que des compagnies comme Wal-Mart, Coca-Cola, Barrick Gold et Suncor Energy se retrouvent dans des placements éthiques est inacceptable du point de vue éthique. «Pour moi, les fonds éthiques, ça ne marche pas dans un système capitaliste mondial puisque les valeurs à la base du système sont non éthiques», commente-t-il.

Desjardins est la seule institution financière du Québec qui offre des placements responsables. Mme Gagné reconnaît que ce type de placements n’est pas promu chez Desjardins. «Il y a une très grande variété de fonds chez Desjardins et nos conseillers financiers ne peuvent pas bien connaître tous les produits» explique-t-elle. Après enquête auprès de plusieurs caisses populaires, force est de constater que cette mauvaise connaissance des fonds éthiques par les conseillers financiers du réseau Desjardins donne lieu à des commentaires pour le moins surprenants sur les fonds éthiques : «Le fonds environnement, c’est plus une question de marketing que d’autre chose» et «ce n’est pas rentable», peut-on entendre.

Sur 3 ans, le Fonds Desjardins Environnement offre un taux de 18,93%, le Fond Éthique Équilibré canadien 6,7% tandis que les fonds non éthiques comme le Fonds Desjardins Équilibré canadien offre 9,3% et le Fonds Desjardins Actions mondiales valeurs 10,6%. La Caisse d’économie solidaire qui fait partie du réseau Desjardins se spécialise dans les placements éthiques et offre plusieurs produits de placements éthiques.

L’investissement responsable représente actuellement 2,5% de l’actif total investi dans les fonds canadiens, soit environ 75 millions de dollars.

Élection de valeur

mardi 27 mars 2007

Les résultats de l’élection de lundi n’est que pas celui d’une course à trois. La carte électorale montre bien la fracture géographique des régions: les riches, les anglophones et les communautés culturelles ont choisi le parti Libéral. La classe moyenne, les familles, les banlieues et les villes de grandeur moyenne ont élu l’ADQ et les régions plus pauvres et éloignées ont voté pour le Parti Québécois. La véritable course à trois s’est vécue seulement autour de Montréal. La Montérégie est la seule région avec une répartition des trois partis.

L’ADQ a touchĂ© les rĂ©gions centrales du QuĂ©bec- le Centre du QuĂ©bec, la Rive Nord, Chaudière-Appalache, QuĂ©bec, la Mauricie et Lanaudière-Laurentides – oĂą fourmillent les jeunes familles mĂ»res pour du changement. Ces Ă©lecteurs de la classe moyenne sont tannĂ©s de payer des impĂ´ts pour des mesures sociales qui boitent. Ils ont les moyens de payer pour leur santĂ© et l’éducation de leurs enfants et les propositions et les valeurs individualistes de l’ADQ les interpellent. La privatisation en santĂ©, les allocations pour les jeunes enfants, la rĂ©forme du bulletin ainsi que les mesures fiscales pour protĂ©ger le pouvoir d’achat de la classe moyenne ont sĂ©duit cette tranche de la population.

Les circonscriptions plus pauvres et les rĂ©gions ressources – Abitibi-TĂ©miscamingue, CĂ´te-Nord, Saguenay – Lac St-Jean, GaspĂ©sie et Bas St-Laurent – ont Ă©lu le Parti QuĂ©bĂ©cois alors que, pendant la campagne, on craignait qu’AndrĂ© Boisclair ne rejoigne pas ces rĂ©gions avec son discours intellectuel. Les rĂ©gions Ă©loignĂ©es ont-elles exprimĂ©es des valeurs plus communautaires ou serait-ce leur proximitĂ© aux ressources naturelles qui les amènent Ă  ĂŞtre plus attachĂ© Ă  leur territoire et son indĂ©pendance? La peur du changement est peut-ĂŞtre Ă©galement une piste d’explication.

Les Libéraux ont conservé l’Outaouais et Montréal haut la main, mais en Estrie et à Laval, ils ont résistés à une chaude lutte à trois. Du côté de Laval, les assises libérales ont permis de sauver le conté malgré une progression de l’ADQ. La lutte à trois dans les circonscriptions de Rive-Sud, Laurentides et Lanaudière s’explique en grande partie par la montée de l’ADQ qui a réussi à faire une percée dans ces régions. Ce parti, qui incarne le changement, fait peur à certains et répond aux besoins de ceux qui en ont assez des vieux partis.

Les Québécois ont exprimé leurs valeurs avec ces élections. Cette montée de l’ADQ montre bien l’esprit individualistes des 25-40 ans. Cette génération, qui l’a eu difficile avant que les baby boomers partent à la retraite, a développé une mentalité du chacun pour soi. Son discours trouve écho dans les propos autonomistes de Mario Dumont. L’ADQ est arrivée deuxième dans 40 circonscriptions, les Québécois délaissent les valeurs de social-démocratie qui l’ont sorti de son assouvissement. C’est grâce aux syndicats et aux mesures sociales que les Québécois se sont enrichis. Aujourd’hui qu’ils ont les moyens, ils sabrent dans ces mesures. Nous qui revendiquons une identité culturelle différente sommes en train de basculer dans la grande mouvance conservatrice de l’Amérique du Nord.


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