Pas de quoi fouetter un chat?

Est-ce que c’est ici le bout de soi même? Le bout du rouleau? Plus rien ne me fait envie. Je suis arrivée à la plus nulle des destinations. Notre deuxième bébé est né, elle a 18 mois. Depuis 18 mois, je tiens seule un restaurant ouvert 24h, 7 jours sur 7: en d’autres mots, j’allaite notre bébé jour et nuit! Et bébé est malade. Oh, rien de grave, des petites maladies: des otites et des mycoses. Neuf otites et six mycoses. Quelques nuits d’astreinte, mais pas de quoi fouetter un chat! D’autant qu’il y a d’autres chats à fouetter: une grande qui va à l’école, le quotidien à gérer, la reprise du boulot… Je peux bien faire litière de mon sommeil de temps en temps! Sauf qu’à force, j’en suis quand même à deux ans sans une nuit complète… Je suis tellement crevée que je me sens dans une autre dimension, le cerveau en bouilli pour chat. Tout me hérisse les poils. J’en ai raz le bol à croquettes.

Appelons un chat, un chat: c’était il y a quatre ans et c’était un épuisement maternel, mais je ne le savais pas. Ça m’aurait fait tant de bien de mettre ces mots dessus! Je me suis promis de ne plus jamais retourner là-bas. Maintenant, je fais comme mon chat, je ne rate jamais une occasion de faire la sieste.


Cet article a été publié le lundi 9 janvier 2017 à 14:04 et est classé dans Non classĂ© . Vous pouvez laisser un commentaire.


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