octobre 2016

Souvenirs de jeu

dimanche 16 octobre 2016

Sur la boîte de mon jeu de société d’enfant, il y avait une « photo parfaite »: une mère attentionnée, un père dynamique, un fils concentré et une petite fille espiègle. Tous reluisants de propreté, respirant l’harmonie et rieurs aussi. Enfant, je m’imaginais que ce jeu donnait forcément du bonheur et qu’il rendait certainement les dents blanches! J’étais toujours un peu déçue que nos parties en famille ne soient pas aussi formidables que celle de la photo. Aujourd’hui, si j’avais à choisir la photo d’une boîte de jeu, j’en prendrais une où les enfants ont des moustaches de lait et viennent de renverser un verre sur le plateau, où il y a du bazar sur le tapis et où on cherche la pièce manquante sous le canapé, où ça rit et ça s’obstine aussi. J’ai appris qu’on n’a pas toujours besoin d’une boîte pour jouer. Jouer, c’est aussi faire des roulades dans le grand lit, des jeux de mots dans la voiture ou encore, dans la salle d’attente du médecin, compter les carreaux, trouver quelque chose de violet… C’est jouer avec ce qui nous entoure, avec des règles simples et sans sourires forcés.

Mon devoir pendant leurs devoirs

jeudi 6 octobre 2016

Les devoirs sont souvent un moment de tensions. Entre la fatigue de la journĂ©e, le « oui, oui maman, je vais m’y mettre tout Ă  l’heure ! » et le traditionnel : « Maman ! j’ai une Ă©val’ demain et j’ai oubliĂ© mon classeur bleu ! » pfff… pas simple de rester zen. Jamais je n’aurais pensĂ© que la table de 8 puisse me mettre autant Ă  cran ! La petite est maintenant au CP, c’est la première fois que nos enfants ont des devoirs toutes les deux. Je tente diffĂ©rentes formules : chacune Ă  son bureau (s’il te plaĂ®t, p’tit JĂ©sus, donne-moi le don d’ubiquitĂ© !) ; sur la table Ă  pique-nique du parc (attention aux crottes de pigeons sur vos cahiers !) ; rĂ©citation en pyjama couchĂ©es dans le lit (excusez-moi, je me suis endormie, on reprend !) ; multiplications Ă  cloche-pied (pardon les voisins du dessous !) ; poĂ©sie en chantant dans la voiture (c’est bon, tu la connais maintenant, tu peux arrĂŞter ?!)… Mais le plus souvent, j’ai la tĂŞte dans les placards Ă  chercher ce qu’on pourrait bien manger ce soir, je pense aux six mails qu’il me reste Ă  envoyer, pendant qu’elles se chipotent devant leurs cahiers en me demandant si elles peuvent aller jouer. Ça me donne envie de cuisiner Marie-Antoinette en 18 polyèdres rĂ©guliers Ă  la sauce nĂ©andertal ! Mais je veux me rappeler que mon devoir pendant leurs devoirs est de privilĂ©gier la relation et lâcher prise sur l’apprentissage absolu-total-sans-fautes-pour-demain. Elles feront peut-ĂŞtre des erreurs dans leur dictĂ©e, j’enverrai mes mails plus tard, mais il m’importe que notre lien de confiance ne se conjugue pas avec violence.


© 2006-2013, Tous droits réservés, Érika Leclerc-Marceau