Mon petit papier replié

La maîtresse, inquiète, ne voyait jamais d’émotions sur ton visage, je me demande si elle a entendu le son de ta voix. En classe, tu contrôlais. On aurait dit un petit robot, un petit papier tout replié. Au retour de l’école, j’avais l’impression de récupérer une bombe prête à exploser. Des émotions sous compression. Avec maman, plus de cran de sécurité, paf! Ça pète! Ça déchire. Sept, huit grosses crises par jour. On était tous essoufflés. Des câlins, de l’écoute, des débordements, des grandes fatigues, des questions. On t’a amené chez la psy à 4 ans. J’hallucinais. Où j’avais manqué pour que tu aies besoin d’une psy à 4 ans? Tu as fait de la pâte à modeler avec elle. On a discuté tous ensemble. Aujourd’hui, tu as 5 ans, tu t’es dépliée, tu t’es déployée. Tu souris à la maison et à l’école, tu es en colère à la maison et à l’école. Règle numéro un: « Dans cette maison, nous sommes tous en apprentissage ». Tu veux devenir plasticienne de pâte à modeler en animaux. Super!

Tant que le papier continue à se déplier, à se déployer.


Cet article a été publié le vendredi 8 janvier 2016 à 13:35 et est classé dans Billets parentalitĂ© . Vous pouvez laisser un commentaire.


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