novembre 2013

Ma réserve de patience

mardi 19 novembre 2013

C’est un grand lac, le rĂ©servoir d’une centrale hydroĂ©lectrique, la mienne. Ma rĂ©serve de patience se vide un peu quand je dois rĂ©pĂ©ter 2 ou 3 fois…Quand je dois rĂ©pĂ©ter 6 fois, elle descend comme si douze Ă©lĂ©phants l’aspiraient de leurs trompes. Ma rĂ©serve se remplit quand je dors des nuits complètes, quand je prends ma douche sans hurlements autour, quand je lis une BD ou quand je prends 15 minutes pour me connecter Ă  moi-mĂŞme. Il y a des jours oĂą j’ai la rĂ©serve de patience remplie de faisselles bien tassĂ©es : rien n’affecte son niveau, « pas la peine d’en faire un fromage! ». Il y a des jours oĂą la rĂ©serve est toute trouĂ©e comme le panier de la faisselle, je vire (fromage de) chèvre ! J’aimerais tant garder cette rĂ©serve de patience toujours pleine, mieux vous dire quand je sens que le niveau descend. Mais comment faire? Installer un capteur de niveau? Un voyant lumineux? Boire beaucoup d’eau? Manger plus de faisselles? Je veux bien me pasteuriser, me psychanalyser, me fondre, m’allĂ©ger, mais reste qu’Ă  la base… je suis soupe au lait. … Et si je mangeais des enzymes?


© 2006-2013, Tous droits réservés, Érika Leclerc-Marceau