Je l’avoue, j’ai peur

13 octobre 2017

Ça y est. Nous y sommes. La CAF nous a envoyé le livret des parents d’ados. Je voyais bien les boutons, les sautes d’humeur, les copines toujours à la maison… Mais là, si la CAF le dit, c’est que c’est officiel. Il y a une allocation spéciale adolescence ? Un mode de garde qui permet des vacances ? C’est étrange de voir le corps de sa fille se transformer alors qu’elle reste complètement sans pudeur. Comment lui expliquer de se couvrir et en même temps d’être fière et d’assumer ses nouvelles rondeurs ? Ça questionne sur l’âge minimum et l’intérêt général du push up. Je suis gênée de le dire, mais j’ai peur que l’adolescence rende ma fille bête et insipide comme le film Sex Academy, qu’elle fonde et s’agglutine au canapé comme les trois Babybels quotidiens qu’elle met au four et qu’on décolle difficilement de la plaque de cuisson, peur qu’il lui pousse un portable dans la main comme il lui est poussé des seins. Nommer mes peurs pour mieux y faire face :cette période sera probablement heureuse et houleuse au rythme de nos hormones.

J’ai besoin de poésie

7 avril 2017

Quand je vois la vie politique actuelle, les diffĂ©rentes crises, quand mon quotidien est tendu, quand je pense Ă  l’état de la planète que nous laisserons Ă  nos enfants, j’ai besoin de poĂ©sie. La poĂ©sie comme un Ă©tat de conscience, une forme d’insolence de l’esprit, un angle de vue dĂ©calĂ©, fragile et lumineux. La poĂ©sie comme un objectif flou qui permet de la profondeur de champ. Mes enfants m’aident Ă  cultiver ce regard sensible et bienveillant. Quand ma fille marche sur la plage et qu’elle se dit prise dans des sables Ă©mouvants, quand elle caresse son blanc de poulet avant de le manger, quand elle se met « de la douceur sur les mains » en massant de la crème sur sa peau, quand elle court après les pigeons en volant avec eux, quand elle pleure Ă  chaudes larmes parce que sa poupĂ©e a perdu une jambe, quand elle Ă©crit une carte postale pour notre chat restĂ© Ă  la maison, je me dis qu’être parent, c’est l’occasion d’adopter cette vision poĂ©tique Ă  hauteur d’enfant.

Pas de quoi fouetter un chat?

9 janvier 2017

Est-ce que c’est ici le bout de soi même? Le bout du rouleau? Plus rien ne me fait envie. Je suis arrivée à la plus nulle des destinations. Notre deuxième bébé est né, elle a 18 mois. Depuis 18 mois, je tiens seule un restaurant ouvert 24h, 7 jours sur 7: en d’autres mots, j’allaite notre bébé jour et nuit! Et bébé est malade. Oh, rien de grave, des petites maladies: des otites et des mycoses. Neuf otites et six mycoses. Quelques nuits d’astreinte, mais pas de quoi fouetter un chat! D’autant qu’il y a d’autres chats à fouetter: une grande qui va à l’école, le quotidien à gérer, la reprise du boulot… Je peux bien faire litière de mon sommeil de temps en temps! Sauf qu’à force, j’en suis quand même à deux ans sans une nuit complète… Je suis tellement crevée que je me sens dans une autre dimension, le cerveau en bouilli pour chat. Tout me hérisse les poils. J’en ai raz le bol à croquettes.

Appelons un chat, un chat: c’était il y a quatre ans et c’était un épuisement maternel, mais je ne le savais pas. Ça m’aurait fait tant de bien de mettre ces mots dessus! Je me suis promis de ne plus jamais retourner là-bas. Maintenant, je fais comme mon chat, je ne rate jamais une occasion de faire la sieste.

Souvenirs de jeu

16 octobre 2016

Sur la boîte de mon jeu de société d’enfant, il y avait une « photo parfaite »: une mère attentionnée, un père dynamique, un fils concentré et une petite fille espiègle. Tous reluisants de propreté, respirant l’harmonie et rieurs aussi. Enfant, je m’imaginais que ce jeu donnait forcément du bonheur et qu’il rendait certainement les dents blanches! J’étais toujours un peu déçue que nos parties en famille ne soient pas aussi formidables que celle de la photo. Aujourd’hui, si j’avais à choisir la photo d’une boîte de jeu, j’en prendrais une où les enfants ont des moustaches de lait et viennent de renverser un verre sur le plateau, où il y a du bazar sur le tapis et où on cherche la pièce manquante sous le canapé, où ça rit et ça s’obstine aussi. J’ai appris qu’on n’a pas toujours besoin d’une boîte pour jouer. Jouer, c’est aussi faire des roulades dans le grand lit, des jeux de mots dans la voiture ou encore, dans la salle d’attente du médecin, compter les carreaux, trouver quelque chose de violet… C’est jouer avec ce qui nous entoure, avec des règles simples et sans sourires forcés.

Mon devoir pendant leurs devoirs

6 octobre 2016

Les devoirs sont souvent un moment de tensions. Entre la fatigue de la journĂ©e, le « oui, oui maman, je vais m’y mettre tout Ă  l’heure ! » et le traditionnel : « Maman ! j’ai une Ă©val’ demain et j’ai oubliĂ© mon classeur bleu ! » pfff… pas simple de rester zen. Jamais je n’aurais pensĂ© que la table de 8 puisse me mettre autant Ă  cran ! La petite est maintenant au CP, c’est la première fois que nos enfants ont des devoirs toutes les deux. Je tente diffĂ©rentes formules : chacune Ă  son bureau (s’il te plaĂ®t, p’tit JĂ©sus, donne-moi le don d’ubiquitĂ© !) ; sur la table Ă  pique-nique du parc (attention aux crottes de pigeons sur vos cahiers !) ; rĂ©citation en pyjama couchĂ©es dans le lit (excusez-moi, je me suis endormie, on reprend !) ; multiplications Ă  cloche-pied (pardon les voisins du dessous !) ; poĂ©sie en chantant dans la voiture (c’est bon, tu la connais maintenant, tu peux arrĂŞter ?!)… Mais le plus souvent, j’ai la tĂŞte dans les placards Ă  chercher ce qu’on pourrait bien manger ce soir, je pense aux six mails qu’il me reste Ă  envoyer, pendant qu’elles se chipotent devant leurs cahiers en me demandant si elles peuvent aller jouer. Ça me donne envie de cuisiner Marie-Antoinette en 18 polyèdres rĂ©guliers Ă  la sauce nĂ©andertal ! Mais je veux me rappeler que mon devoir pendant leurs devoirs est de privilĂ©gier la relation et lâcher prise sur l’apprentissage absolu-total-sans-fautes-pour-demain. Elles feront peut-ĂŞtre des erreurs dans leur dictĂ©e, j’enverrai mes mails plus tard, mais il m’importe que notre lien de confiance ne se conjugue pas avec violence.

Un pied sur chaque continent

7 juillet 2016

Tu avais trois ans quand on a pris la décision de changer de continent. Avant ce changement, tu voyais tes grands-parents presque toutes les semaines, ta tante faisait office de baby-sitter et tu avais un accent québécois énorme. Nous avons déménagé en France pour vivre une autre culture. En arrivant, tes maîtresses ne comprenaient pas toujours ce que tu disais. Nous ne connaissions personne. Tu t’es fait des amis beaucoup plus vite que nous. Tu as pris l’accent d’ici beaucoup plus vite que nous. Aujourd’hui, tu as dix ans, tu adores les ravioles, tu connais le roi Clovis, tu roules en Peugeot à deux comme à quatre roues et tu chantes Aldebert, Zaz et Tal. Par contre, tu aimes aussi la poutine, le canoë, les tempêtes de neige et l’art inuit. Tu as un pied sur chaque continent. C’est parfois compliqué de réunir tous ceux que tu aimes à ton anniversaire et c’est embarrassant quand je dis devant tes copines : « Grouille-toi sinon chus dans schnoutte! » Tu es bilingue de la langue française. Tu projettes pour le futur de construire une ferme au Québec avec ta meilleure amie française. Vous deviendrez peut-être productrices de ravioles livrées en canoë? Ce sera ta décision à toi, celle-là.

La vie de cirque

13 avril 2016

En devenant maman, je suis devenue circassienne, rien de moins ! Une madame loyal qui gère les entrées et sorties de chacun. J’ai appris à jongler, surtout avec les émotions. Je suis devenue dompteuse de virus, contorsionniste d’horaire, fakir de lego, gymnaste de portées acrobatiques à la maternelle et prestidigitatrice de dessous de canapé :

– Maman, t’as pas vu mon cahier de texte ?

– Et hop ! Le voici, poussière de perlimpinpin en bonus !

Dans ce grand cirque familial, j’essaie aussi d’être funambule… C’est qu’il y en a, de la tension sur le fil, pour maintenir l’équilibre entre du temps pour les enfants, du temps pour le travail, du temps pour la vie de couple et du temps pour moi ! Je perds souvent pied, je tombe parfois… L’homme orchestre me rattrape, me relaie. Nous nous soutenons. Pour moi, tout ce cirque, c’est d’abord notre numĂ©ro main Ă  main.

Mon petit papier replié

8 janvier 2016

La maîtresse, inquiète, ne voyait jamais d’émotions sur ton visage, je me demande si elle a entendu le son de ta voix. En classe, tu contrôlais. On aurait dit un petit robot, un petit papier tout replié. Au retour de l’école, j’avais l’impression de récupérer une bombe prête à exploser. Des émotions sous compression. Avec maman, plus de cran de sécurité, paf! Ça pète! Ça déchire. Sept, huit grosses crises par jour. On était tous essoufflés. Des câlins, de l’écoute, des débordements, des grandes fatigues, des questions. On t’a amené chez la psy à 4 ans. J’hallucinais. Où j’avais manqué pour que tu aies besoin d’une psy à 4 ans? Tu as fait de la pâte à modeler avec elle. On a discuté tous ensemble. Aujourd’hui, tu as 5 ans, tu t’es dépliée, tu t’es déployée. Tu souris à la maison et à l’école, tu es en colère à la maison et à l’école. Règle numéro un: « Dans cette maison, nous sommes tous en apprentissage ». Tu veux devenir plasticienne de pâte à modeler en animaux. Super!

Tant que le papier continue à se déplier, à se déployer.

Coups de coeur

4 janvier 2016

Mon amoureux, Martin Ferron, créatif culturel.
www.martinferron.com

Françoise Keller, une formatrice CNV exceptionelle.
www.concertience.fr

Une lecture qui donne espérance et envie de voir la beauté du monde.
Je crois en la poésie comme outil de transformation sociale.
La vie habitable

Une lecture féministe, maternelle pour glandouiller avec profondeur.
La femme brouillon

Anne Spataza qui donne des ateliers sur la parentalité (enfants et ados)
http://lepetitatelierdesparents.wifeo.com

Emmanuelle Bouvet qui forme à une meilleure communication en famille.
www.delienenlien.com

Des spectacles drôles avec du contenu et de la poésie
www.lucchareyron.com

Une équipe formidablement givrée
www.association-antipodes.fr

Sophie Lavigne qui peint, dessine, Ă©crit et fait des sites web.
www.sophielavigne.com

Kiwi Association qui aide les enfants et les adolescents qui luttent contre la douleur, la souffrance et la maladie et pour qui je suis ambassadrice.
www.kiwi-organisation.org

 

The place to go out in Annonay!
www.mafanacafe.c4.fr

La sensibilité artistique a un nom: Amédée Bricolo
www.amedee-bricolo.org

 

À la dérive…

19 décembre 2013
Ç’en est assez! J’ai consulté l’ours polaire, le morse, le phoque et le blanchon. Ce n’est plus viable, la banquise fond. Ma maison s’enfonce, je ne peux plus vivre comme ça. J’ai vécu la caniculechez moi l’été dernier, j’ai été obligé de m’installer l’air climatisé. Ça vous laisse de glace? Muh! Vous allez fondre! Ma décision est prise, je prends le prochain iceberg. Kyoto, Bali, Copenhague, Durban et Doha auraient pu être de beaux cadeaux pour les gamins : l’emballage était alléchant, mais la boîte était vide. Les dirigeants mondiaux préfèrent que les enfants me demandent des chevaux à bascules plutôt que de faire basculer le système. 
 
           Allez! je vous souhaite de chaleureuses fêtes… C’est bien mérité. 
                                                                                                                                                                                                          Père Noël

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